16.03.2006
Le CPE semble faire des émules parmi les propriétaires de logement à louer.
L'idée a germé il y a six mois au moment de la mise en place du contrat nouvelle embauche (CNE) puis de la proposition de CPE par le gouvernement. Concrètement, aux 9e et 21e mois, le propriétaire pourrait donner congé au locataire avec un préavis de 3 mois. Au bout de deux ans sans préavis, le bail deviendrait "à durée indéterminée" et retomberait dans le droit commun. Conscient que ce bail, dit "à l'essai", "induit une certaine précarité", Jean Perrin affirme cependant que "c'est mieux que ne pas avoir de logement". Et ce dernier d’ajouter : "Il y a peu de chance que le locataire, dans le cas où il serait titulaire d'un CPE et où il occuperait un logement avec ce type de bail, se retrouve licencié et à la rue au même moment"
Récemment présentée au gouvernement, la proposition de l’UNPI a été votée en conseil national en septembre dernier. « On me dit que l'idée est excellente mais que dans un contexte de critique des CNE et CPE, elle ne peut passer pour le moment », conclut Jean Perrin.
Voici la réaction de Marie-Noëlle Lienemann
Vers une précarisation de la société.
Je m'insurge devant la proposition du président de l'UNPI de créer un système de bail précaire, frère jumeau du CPE et du CNE pour la location.
Cette proposition montre bien l'effet " tache d'huile" de précarisation de la société que créent les décisions gouvernementales. Il serait gravissime que le gouvernement fasse la moindre concession à ce genre de proposition de l'UNPI. Tout au contraire, il est urgent que les pouvoirs publics mènent une politique de modération des coûts tant des loyers que des logements et terrains, limitent leurs subventions aux seules opérations ayant un caractère social ou un loyer réduit et crée une Couverture Logement Universel, garantie mutuelle pour tous les locataires, évitant les impayés de loyers pour les foyers de bonne foi, assurant une sorte de sécurité sociale pour le logement, garantissant le bailleur et protégeant le locataire. Ce n'est pas moins de sécurité dans le logement qui s'impose mais plus de protections et de garanties pour tous.
Par ailleurs, je demande au gouvernement de surseoir aux expulsions des familles en difficultés sociales et de mettre en place rapidement cette garantie mutuelle pour prévenir ces expulsions.
Affaire à suivre…
12:00 Publié dans coup de gueule, dossier logement, Marie-Noëlle Lienemann | Lien permanent | Envoyer cette note




